Acquérir une Breguet à rattrapante
Mercredi 15 avril, chez Tajan, rue des Mathurins, dans cette vente thématique “les montres de collection aligneront leurs cadrans et leurs profils élégants, dessinés pour séduire une clientèle exigeante à la recherche de la plus haute qualité. La pièce qui sera sans conteste la plus disputée est un chronographe classique à rattrapante modèle 5947 de la marque Breguet (estimation entre 20 000 et 30 000 €). Cette montre est recherchée pour la complication sophistiquée, contrôlant les deux aiguilles du chronographe. L’une peut être arrêtée pour, par exemple, mesurer un temps au tour ou conserver une heure de référence, alors que l’autre poursuit sa course. Ensuite, la rattrapante, peut rejoindre l’autre !
Quelques précisions historiques
La Maison Breguet, reconnue comme une référence dans le domaine de la Haute Horlogerie, reste fidèle à l’esprit novateur de son créateur, Abraham-Louis Breguet (1747-1823). A.-L. Breguet, originaire de Neuchâtel en Suisse, a principalement vécu à Paris. Il explore simultanément tous les aspects de l’horlogerie et, tout au long de sa carrière, il accomplit des prouesses : le développement de la montre automatique dite « perpétuelle », l’invention du ressort-timbre pour les montres à répétition, puis celle du pare-chute, premier mécanisme antichoc. Breguet séduit les cours royales et l’élite cultivée en Europe. Marie-Antoinette, Napoléon Bonaparte, les tsars russes et la reine Victoria sont fascinés par ses horloges et montres qui se transforment en emblèmes de science et d’élégance.
“La Rattrapante”
Cette Breguet incorpore une caractéristique atypique et unique. Le mécanisme sophistiqué gère les deux aiguilles du chronographe, dont l’une peut être stoppée pour enregistrer un temps intermédiaire (ou un temps au tour), ou pour maintenir une heure de référence, tandis que l’autre continue de progresser sans subir d’impact. Quand l’aiguille rattrapante est libérée, elle rejoint immédiatement l’aiguille principale et les deux aiguilles se déplacent conjointement. Breguet a fait appel au Lemania 2320 comme modèle, qui est peut-être l’esquisse de chronographe à remontage manuel par roue à colonnes la plus estimée du XXe siècle. Il semblerait que seules deux marques ont tenté de réaliser une version rattrapante de ce modèle Lemania – Patek Philippe, à savoir, avec la référence 5004, et Breguet.
Malgré leur apparente simplicité, la fabrication des chronographes rattrapantes peut s’avérer particulièrement complexe, ce qui explique pourquoi seuls quelques horlogers ont tenté de maîtriser cette complication. Un des problèmes est que l’énergie requise pour activer les diverses aiguilles du chronographe, ainsi que leur mouvement saccadé, peut nuire au mécanisme – c’est ce qu’on nomme l’effet d’entrave rattrapante. Afin de franchir cet obstacle, Patek Philippe a mis au point un second dispositif nommé isolateur, positionné au-dessus du frein à rattrapante. Breguet a également suivi une démarche semblable, en intégrant un mécanisme d’isolateur qu’ils ont tiré de Frédéric Piguet.
En savoir plus : site de la Maison Tajan et du catalogue de la vente du 15 avril 2026 “Montres de Collection”







