Peintures et sculptures modernes

Ben, simplement Ben

Artiste consacré - ses œuvres sont exposées au célèbre Musée d’art moderne de New York et à Beaubourg -, Ben (né en 1935) demeure iconoclaste et passionné. C’est dans sa maison, sur les hauteurs de Nice, qu’il nous a reçus pour nous parler avec humour, drôlerie et intelligence de son goût des objets et des brocantes, et de sa pratique artistique.
Par Philippe Ancelin

L’homme a conservé intactes sa curiosité et sa capacité d’émerveillement. Ses phrases et ses assemblages, immédiatement reconnaissables, amusent, interrogent ou dérangent. Ils reflètent ses états d’âme ou ses interrogations sur la vie, ainsi que sur le rôle et la place de l’Art.

- Aladin Antiquités. Ici, nous sommes entourés de toutes sortes de choses. Quel est donc votre rapport à l’objet ?
- Ben. Je suis un monsieur qui va chez l’abbé Pierre tous les samedis. Je me balade en espérant trouver le Van Gogh ou le Gauguin oublié. J’ai du nez et j’aime le contact avec l’objet. D’abord, je touche pour vérifier si c’est peint à la main ou si c’est une reproduction. Ensuite, je regarde s’il y a une signature. J’aime ce moment de recherche. Je ramène énormément de choses. Emmaüs, c’est un peu ma salle des ventes, mon Drouot personnel. Et comme je rentre à la maison après avoir dépensé 45 euros, je suis très content parce que je me dis qu’avec cette somme j’ai peut-être trouvé des merveilles. Je vide tout ce que j’ai acheté en bas dans un coin de l’atelier. J’achète surtout des objets pour fabriquer des œuvres. Quand je vois ces objets, j’essaie d’imaginer ce que je vais en faire. Je suis un peu comme Arman, que j’avais d’ailleurs rencontré chez l’abbé Pierre. Il y collectait les matériaux de ses accumulations. Il y donnait aussi des choses. Moi j’y trouve ce que je peux transformer en Ben. Des tableaux deviendront le Mondrian ou le Cézanne du pauvre... Ça, c’est pour la série des pauvres. En ce moment, je ramasse un tas de jouets qui font de la musique et que je vais utiliser pour faire des panneaux. J’en suis très heureux, car ces jouets, qui au départ coûtaient cher, je les ai payés 30 ou 50 euros. Vous allez dire que je suis radin. Mais quand je fais une œuvre pour ce prix-là, je suis heureux.

-. Faites-vous les brocantes ?
- Oui bien sûr. Celle de Nice est magnifique. J’y passe et souvent je me dis « marche vite, ne t’attarde pas sinon tu vas commencer à acheter ». À la brocante je veux l’objet qui m’étonne. Je cherche si je peux lui trouver un double sens. Actuellement, j’ai envie de prendre des casseroles, d’y...
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